Huahine

Dimanche 21 - Tahaa-Huahine

A 5h30 le lever de soleil est splendide, mais les moustiques ne sont pas encore couchés. Une bonne couche de "Off", un petit déjeuner au lait de coco et on va se promener sur le platier. C'est la marée basse et le sommet des coraux branchus est émergé.

Puis on rentre pour tout ranger, et ratisser les feuilles autour du faré. C'est tout propre quand la mamma arrive, avec René.

La mamma va nous cueillir plein de bananes. A 9h nous repartons

avec René, qui nous conduit à Tupenu. Devant la pension, on a de l'eau à peine jusqu'au genou et nous débarquons à 50 mètres du rivage.

Karine nous attend et nous offre de l'eau fraîche, puis une bouteille pour la route. Elle veut nous conduire jusqu'au bateau. Le bateau part à midi, mais elle insiste pour qu'on y soit à 10 heures, on ne sait jamais...

Elle nous a fait l'addition: 9800 cfp, pour 2 jours de camping, 3 repas dont un de fête. Comme rapport qualité/prix, il est difficile de faire mieux.

Au port de tapuamu, le Vaeanu n'est pas encore arrivé. Mais il y a beaucoup de monde, sans doute beaucoup de gens qui reviennent de la course.Karine refuse qu'on la paie pour le transport en voiture. Elle refuse 2000 cfp, finit par accepter 1000. On donne les 1000 autres à sa fille, qui garde le billet serré dans sa petite main.

Le vaeanu arrive, puis le vendeur des billets. Chantal fait la queue, mais tout le monde lui passe devant, chacun avec un petit papier sur lequel sont écrits son nom et son adresse. Sans doute le vendeur préfère recopier?

Il y a un marchand de sandwiches sur le quai, mais il est pris d'assaut. Hubert n'a pu trouver qu'un à l'omelette et un aux oeufs.

Karine attend jusqu'au départ pour nous faire la bise et repartir.

A 12h50 escale à Uturoa. Nous débarquons en vitesse pour trouver un distributeur de billets, puis encore des sandwiches. Dans l'épicerie chinoise, il n'y a que des sandwiches au poulet chinois-frites. Chantal préfère un chausson à la banane et à l'ananas.

Nous nous sommes bousculés pour rien. La grue manoeuvre encore pour faire passer une remorque sous un bateau et le remonter sur le pont.

On repart à 13h30. petite sieste.

Sur le bateau nous discutons avec un habitant de Huahine. Il s'appelle Victor, il laisse sa femme à Raiatea pour passer la semaine à Huahine où il travaille. Et il semble fort content de ce mode de vie. Il nous invite chez lui : -"attention, je suis seul, ce n'est pas très bien rangé..."

Sur le port ferry de Fare, il y a un groupe folklorique marquisien qui s'exhibe.

Victor attend sa soeur qui doit venir le prendre en voiture. La voici.

Effectivement la maison de Victor est un vrai capharnaüm. Pas question de planter une tente dans le jardin, il y a soit des arbres, soit des fleurs, soit des cages à poules, car il élève des coqs de combat. Victor déménage vite fait une chambre qui contenait une cage à poules, balaie les crottes et fait réapparaître le lino. C'est dans cette pièce qu'on montera la tente (sans le double-toit), entre une commode et un vélo.

Nous allons faire un tour. Chez les voisins il y a une bande d'enfants. Ils nous posent des questions. Ils demandent s'ils peuvent venir avec nous. Pas de problème. Ils viennent tous en poussant des cris de joie.Ils vont nous montrer les vaches, là-bas.Nous allons jusqu'à un pré plein de vaches, accompagnés par cette bande hurlante et gesticulante. Chacun veut raconter son histoire, l'un d'eux manque de se faire renverser par un vélo,... Hubert propose un jeu: celui qui réussit à aller jusqu'au prochain poteau électrique sans parler aura gagné. Ils marchent en silence, en pouffant de temps en temps. Le jeu leur plaît. Nous rentrons à la maison dans un calme parfait.

Sur un coin de table, nous partageons le repas du soir avec Victor: brochettes achetées à une roulotte sur le port.

Il fabrique des ukuleles. Ca intéresse Hubert qui voudrait bien en rapporter un en France. Mais il n'en a aucun de fini. Au mieux, il pourrait nous en envoyer un pour Noël, mais pas avant. Et puis il s'est fait mal à une main.

Il nous laisse. Un copain l'a appelé et il va le voir chez lui avec sa vespa. Si on veut, on peut se servir de la machine à laver. Elle marche, d'ailleurs sa soeur vient laver son linge ici car la sienne est en panne. On peut aussi regarder la télé ( qui semble rester toujours allumée), mais elle est vieille et l'image n'est pas très bonne.

Chantal lui demande où sont les toilettes. -"Pipi ou caca?" Chantal reste coite. -"Pipi, c'est dans la douche, et caca, c'est là dehors, c'est provisoire..." La première, c'est une cabine en tôle ondulée dans la maison, la deuxième, une autre dehors, pas facile à décrire.

Victor parti, nous nous couchons sous la moustiquaire. Il n'y a pas de porte entre notre chambre et celle de Victor.

Notre nuit sera bercée par les chants des coqs (il en a dix, et ceux des voisins leur répondent).

 

Lundi 22 - Tour de Huahine

Temps semi-couvert.

Nous partons tenter le tour de Huahine à pied et en stop, avec l'objectif de trouver un bon coin pour camper. Selon le guide il y a un camping Ariiura à Parea, et il faut aller voir à quoi cela ressemble. Si c'est bien, nous nous y installerons jusqu'à jeudi, date de départ du Vaeanu pour Papeete.

Victor nous a montré où il cachait la clé du cadenas qui ferme la maison et est parti au travail.

La première voiture nous laisse au pont de Maeva. On descend le long du bras du lac Fauna nui, et contemplons les antiques parcs à poissons en pierre, qui fonctionnent encore.

Un peu plus loin, c'est le marae Fare Miro. Un groupe de cantonniers qui nettoient les marae nous offre un coco frais. Ils nous font remarquer en rigolant qu'ils sont en train de nettoyer un lieu où les polynésiens ont jadis massacré des français.

La deuxième voiture nous conduit jusqu'à l'entrée de la baie de Faie. Il y a un grand fare avec un quai et un panneau: Visite gratuite de la ferme perlière...départs en bateau à partir de 10 heures. Il n'est que 9 heures et on continue.

A la mairie annexe de Faie, une gentille dame nous renseigne sur le coin: Il faut aller voir les anguilles, et il y a un fabricant de ukuleles sur le chemin en face, là, de l'autre coté de la baie. On lui demande si elle a beaucoup de travail, elle répond: -"oui, mais seulement au moment des élections."

Pour voir les anguilles aux yeux bleus de Faie, il faut traverser un petit pont derrière lequel il y a une dame qui vend des boîtes de maquereau. Un gamin du pays nous pilote. On paie les maquereaux et il descentd dans le ruisseau, où jouent d'autres gamins. Il jette des morceaux de maquereau et les anguilles arrivent, nombreuses, énormes, au moins 15 à 20 cm de diamètre. Elles se laissent caresser, sortent la tête de l'eau lorsqu'on leur tend un bout de poisson.

On offre 2 sucettes au gamin, qui manifestement a l'habitude.

Sur le chemin de l'autre coté, le monsieur aux ukuleles n'est pas là. Il est en vacances et parti à la pêche. Dommage. Nana. Nous sommes rattrapés un peu plus loin par une fille en vespa: -"Maman m'a dit de te donner son numéro de Vini (teléphone mobile)".

Sortie de Faie, nous attaquons la route traversière. Un panneau indique: montée à 20% sur 1500 m. Superbe route, végétation grandiose, mais fatigant, heureusement il y a un peu d'air.

De l'autre coté, une descente à 20%, ça va de soi. Le tout sans voir passer une seule voiture.

Au croisement en bas, il y a une maison avec un panneau: "interdit aux témoins de Jehovah". Un peu plus loin, une autre maison avec, plus intéressant, un distributeur de coca frais. La dame de la maison ne vend pas de bière, mais elle nous donne un pain et une bouteille d'eau.

A la sortie de la baie, un pick-up s'arrête: A l'avant un couple peu souriant, debout sur le plateau 2 jeunes filles . Ils nous conduisent jusqu'à Tefarerii. Plein de vues superbes.

Il y a une cabane-snack, sorte de roulotte fixe, mais elle n'a plus de sandwiches et pas de bière. Nous repartons avec un gâteau au chocolat et un chausson aux pommes. Le parcours est superbe et on ne regrette pas trop l'absence de voitures. A l'entrée de la baie Mahuti, en voici une, qui stoppe. Deux vahinés qui vont à Parea avec un chargement de canne à sucre sur le siège arrière. Elles mettent de l'ordre et nous expliquent que ces cannes vont servir à préparer un médicament.

A Parea, nous allons pique-niquer sous un grand arbre sur la plage, avec les fruits emportés le matin et les gâteaux achetés en route.

La suite est un peu triste: Rien que des clôtures, des panneaux "tabu, défense d'entrer", des barbelés, qui protègent des terrains vagues ou de superbes propriétés. Il y en a une particulièrement, avec des fare impeccables, des statues, des hectares de cocotiers sur une pelouse entretenue avec une énorme tondeuse. On dit qu'elle appartient à Gaston Flosse.

L'hôtel de luxe Huahine Beach est fermé, ses paillotes commencent à perdre leur toit, il ne reste qu'un gardien qui interdit l'entrée. Il ne sait pas pourquoi c'est fermé ni depuis quand. Des vahinés qui passent en vélo nous crient: "faillite".

Au camping Ariiura, il y a déjà 2 tentes entre des cocotiers nains sans ombre, et la vahiné qui nous reçoit ne semble pas ravie de nous faire visiter, et répond non à toutes nos questions: pas de tarif réduit comme c'est marqué dans le guide, pas de transport, pas de coup de fil pour en trouver un, et une tête du genre si ça ne te plaît pas va voir ailleurs. Avec toutes les rencontres précédentes, on a du prendre de mauvaises habitudes, ou bien elle a du mal dormir. On a bien fait de venir voir, on continue.

On passe devant le relais Mahana, puis on s'arrête prendre une bière au snack Taumata. Le patron, Taumata, a un frère qui possède une maison au bord de la plage, à coté. Il nous emmène le voir. Le frère est d'accord pour qu'on plante la tente dans son jardin, il part demain pour Tahiti. Chouette, on va chercher nos affaires. Mais il est trop tard pour faire l'aller-retour ce soir, on prendra le truck demain.

Nous reprenons la route jusqu'à la pointe Tereva, où nous sommes pris par deux vahinés. Elles sont témoins de Jéhovah en tournée et Chantal bénéficie immédiatement de deux petites brochures, histoire de lire sur le plateau du pick-up. La passagère allaite tranquillement son bébé tandis que la conductrice fonce comme la bonne soeur du gendarme de St Tropez. Nous arrivons à Fare sans avoir eu le temps de dire Ouf!

On achète des gâteaux pour Victor et une voiture nus dépose juste en face de chez lui. Nous sommes accueillis par les cris des enfants: "Chantal, Chantal..."

Chez Victor, nous sommes rejoints par un jeune à qui il enseigne le ukulele. Victor a sa main enflée mais il joue quand même. Nous les invitons au restaurant. On se retrouve sur le port de Fare devant les roulottes. On prend poisson cru et coco, ils prennent steaks-frites et ketchup.

On se couche vers 21 h. Chantal est fatiguée et a mal digéré le poisson, et Hubert dort sans oreiller, car son oreiller c'était la serviette de bain et qu'elle a servi pour la douche.

 

Mardi 23 - baie d'Auea

Plein soleil.

Victor n'a pas pu prendre son scooter ce matin, sa main lui fait mal. Sa soeur arrive. Elle apporte du pain, et nous embarque tous dans sa voiture. Visite au patron de Victor, qui lui dit d'aller se soigner, puis au dispensaire. On l'accompagne.

A 8 heures, nous sommes à Fare, là où s'arrête le truck. Il arrive justement, mais ne repart pour Parea qu'à 11 heures.Il y a bien un taxi, mais c'est trop cher. On attend. Mais autant en profiter pour prendre les billets de bateau pour Papeete.

Au bureau du Vaeanu, on demande des billets pour jeudi soir. C'est complet, nous est-il répondu, à cause de la fin des vacances scolaires.

Il y a un autre cargo, le Hawaikinui. Il part vendredi 17 heures et arrive samedi matin. On prend les billets.

La soeur de Victor passe. Elle voulait nous conduire en voiture à Parea, mais elle vient de rater un gâteau et doit repartir en faire un autre. Puis arrive Victor, exhibant un superbe bandage. On blague un peu. Un de ses cousins arrive, ils partent ensemble.

A partir de 10h15 les gens commencent à monter dans le truck et attendent tranquillement.

A l'heure prévue, le truck démarre, mais pour presque aussitôt s'arrêter pour faire le plein. On demande comment faire pour indiquer l'endroit où l'on veut descendre. Il faut crier un coup, mais les passagers ont déjà prévenu le chauffeur pour nous. Effectivement il stoppe juste devant la maison de notre hôte. Celui-ci est là qui prépare son départ. On va boire un coup ensemble au snack.

Il est veuf et s'occupe de ses enfants; les vacances sont finies et il rentre avec eux à Tahiti. Ses gosses jouent avec les petits-enfants de taumata dans le jardin et sur la plage, beaux comme des anges.

14h. Départ de notre hôte. Nous restons pour une petite sieste, puis montons la tente

sous les yeux des enfants. Questions, ...

Après une bonne baignade (il y a des paquets de coraux à une faible distance du bord, avec des poissons, mais l'eau est un peu trouble), et une petite promenade au soleil couchant

Nous allons manger un mahi-mahi au restaurant Mauarii, qui fait aussi le cyber-café. Hubert en profite pour consulter sa messagerie, au tarif de 40 cfp par minute.

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