Moorea et Tahiti

Samedi 27 - Moorea

Le bateau arrive à papeete, Motu Uta, à 4 h du matin. Le réveil est un peu difficile

Nous faisons du stop jusqu'au centre ville, illuminé de guirlandes. C'est le carnaval et il y a des confettis par terre, et des gens pas très clairs qui déambulent encore.

Dans les roulottes, pas question de trouver un petit déjeuner, il n'y a que des brochettes, des steaks et du poisson. Beurk! Bien sur, aucun bistro ouvert. On va voir au marché. Il n'y a qu'une porte ouverte. Nous laissons au gardien nos sacs à dos. La plupart des stands sont encore fermés et leurs occupants dorment, par terre, à l'intérieur. (dehors, il y en a aussi qui dorment sur le plateau de leur pick-up). On arrive enfin à trouver un stand qui nous vend chocolat et tartines, que nous dégustons assis sur un chariot.

A 5h30, le marché commence à s'animer. Est-ce qu'on reste pour le dernier jour du Carnaval? Finalement nous préférons tenter d'aller voir Moorea.

Et nous voici sur le quai des ferries pour Moorea, le premier ferry à partir est à 6h30, Il s'appelle d'ailleurs Moorea Ferry.

En attendant, nous faisons la connaissance d'une dame qui attend un des passagers. Elle s'appelle Thérèse, et accepte de garder nos sacs pendant qu'on va prendre un autre petit déjeuner, sous la pluie. Elle nous demande ce que nous allons faire, et propose à Chantal de nous faire faire demain le tour de Tahiti.

Et elle nous donne rendez-vous pour dimanche, 8 heures, au marché.

Le Moorea ferry est un gros bateau capable de transporter des camions et 300 passagers assis. Ce matin il n'y en a guère plus de 30.

A l'arrière du bateau, un trio gratte guitare et ukulele. Entre deux chansons, Hubert demande à l'un d'eux s'ils connaissent un fabricant de ukuleles à Moorea. Un type derrière a entendu, et intervient: Il y en a un, très bon, pas loin du port. Et il nous indique le chemin. Il nous explique que les 3 joueurs sont ses ouvriers, qui viennent travailler tous les jours sur son chantier de Moorea. Chantal demande aux joueurs de jouer "oe ana", ils s'exécutent en rigolant, l'un d'eux casse une corde, Chantal prend une photo.

Le trajet ainsi passe vite en musique.

A 7h30, Nous sommes sur le port de Vaiare et nous allons vers l'adresse indiquée. En passant devant un chantier, nous sommes hélés par les 3 musiciens du bateau. C'est là qu'ils travaillent. On vient voir. Au fond du chantier, il y a un coin d'herbe sous un arbre. Est-ce qu'on pourrait camper ici? -"pas de problème, le chef arrive, il sera d'accord."

Le chef arrive, grand signe de la main, -"ça va? - Maitai roa!" Pas de problème, on peut s'installer là, il y a de l'eau ici, au robinet de chantier, et s'il pleut vous pouvez vous abriter dans le container à coté des sacs de ciment.

Tente plantée (pas loin du port, ça sera bien pour le retour, demain matin à 6 heures.), nous partons avec le petit sac. Nous avons une journée pour faire le tour de Moorea.

Le fabricant de ukuleles n'est pas là, son atelier est fermé. Il est peut-être allé au carnaval de Papeete?

Une dame nous conduit à Paopao et nous conseille de prendre la "route des ananas", piste qui traverse la montagne entre Paopao et la baie d'Opunohu, ce que nous faisons.

La piste est bien poussièreuse et peu de voitures y circulent, à l'exception des riverains qui descendent. Nous montons entre des maisons et des champs, d'ananas, de fleurs (chrysanthèmes pour la Toussaint), et plein de petits chemins qui vont à des maisons.

Un jeune couple en lune de miel et voiture de location va jusqu'au belvédère et nous embarque. Devant un champ de papayes et un d'ananas, ils descendent pour filmer.

Au belvédère, il y a bien entendu une belle vue sur les deux grandes baies du nord de l'île, et l'on y voit aussi défiler les 4*4 et minibus des excursionistes. Nous laissons nos jeunes continuer, et nous redescendons à pied, pour profiter au mieux de la descente, et du marae qu'il y a un peu plus bas.

Un jeune kamikaze en roller nous double sur la route en forte pente.

Tout à coup, Chantal qui marche derrière hèle Hubert. Elle a arrêté un pick-up. Elle demande : "on y va?" et monte à l'arrière. Le conducteur fait signe à Hubert de monter devant. Il vient de Taiwan, parle juste un peu d'anglais, et le temps de comprendre qu'il fait des études sur les crabes, nous sommes déjà au niveau du Club Med. Hubert demande au gars de s'arrêter et nous descendons. Le gars redémarre et repart en sens inverse.

Pendant ce trajet, Chantal n'a rien vu, elle était sous la bâche. Mais pourquoi a-t-elle arrêté cette voiture? Elle n'a rien fait, le type s'est arrêté tout seul.

Nous sommes en plein dans la zone touristique, succession de restaurants, hôtels, boutiques de perles, cadeaux et souvenirs. Il y a même des ukuleles, mais uniquement décoratifs, avec plein de sculptures,...

La jeune vendeuse d'objets inutiles nous conseille de déjeuner au Pitcairn, qui fait du bon poisson cru. Nous obtempérons. Correct mais un peu cher, mais c'est le quartier qui veut ça.

Il y a une très belle et grande plage, mais aucun chemin public pour y aller. Nous demandons à un hôtel l'autorisation de le traverser, qu'il accorde volontiers.

Et nous faisons une grande promenade sur la plage, bordée de belles propriétés et de panneaux "Tabu, privé". C'est de tout notre voyage, la plage où nous voyons le plus de monde (en fait, sur toutes les autres, nous étions seules ou quasiment)

Nous traversons le Club Med, où des gens ont tiré les chaises-longues dans l'eau pour s'étendre au ras de la surface, et où d'autres sont en train d'embarquer pour le petit motu juste en face.

Un peu plus loin, problème. Une propriété "tabu" et pas de plage devant. Mais le propriétaire est là, c'est un pécheur qui répare le flotteur de sa pirogue avec un clou tordu sur lequel il tape avec une barre de fer. Il nous laisse passer. On discute un peu poisson.

On aimerait bien trouver un coin d'ombre pour manger les quelques bananes qu'on trimballe depuis ce matin. Enfin une propriété avec un arbre et des gens qui font de la musique. Hubert fait deux pas vers les musiciens; il y a là toute une famille attablée et une dame un peu inquiète arrive. "Iorana", dit Hubert, "excusez moi de vous déranger dans votre grande bringue" -" C'est une bringue privée!" -"Est-ce que vous nous autorisez à rester quelques instants à l'ombre de votre arbre? " La dame accepte. Nous mangeons nos bananes sans nous attarder. D'ailleurs, il est temps de quitter ce coin.

Nous rejoignons la route, et tentons en vain de faire du stop.

Il y a beaucoup de voitures qui passent, aucune ne s'arrête. Ce n'est que plusieurs kilomètres après la zone touristique que nous trouvons une voiture qui nous dépose un peu plus loin.

Vers Maatea, une jeune vahiné qui promène son bébé nous voit faire du stop et nous demande où nous allons. Comme le soir tombe, nous espérons arriver à l'hôtel Chez Pauline, à 5 km d'ici, pour y manger en espérant qu'on nous reconduira au port. La jeune femme nous dit de l'attendre, elle revient en voiture et nous dépose chez Pauline.

Hélas, chez Pauline il n'y a âme qui vive, et nous continuons à pied. Enfin une voiture nous conduit au port. Nous sommes éreintés, assoiffés et affamés.

Entre le port et notre tente il y a une pizzeria, chez Luciano. Il y a la queue au comptoir car il fait aussi des pizzas à emporter. Le patron est gai comme un italien et imite le cri du chat dont on a écrasé la queue, ce qui fait sursauter les clients non habitués et rigoler les autres. Nous commandons une pizza pour 3. Hubert a encore assez d'énergie pour aller acheter à l'épicerie une bière et un jus d'ananas. Chantal a à peine la force de porter sa pizza à la bouche.mais 5 minutes après, ça va nettement mieux. La tente est à 100 mètres et on s'endort rapidement.

 

Dimanche 28 - Tour de Tahiti

On a fait sonner la montre à 5 heures et on plie en vitesse. A 6h moins le quart on est sur le ferry, qui a passé la nuit au quai. Toilette dans les toilettes du ferry, et petit déjeuner au bar. Pour le chocolat, la serveuse n'a que des gobelets en carton, nous apportons nos bols. Nous quittons Moorea au soleil levant.

A 7 heures, nous sommes à Papeete, et allons au marché. Déception: contrairement à ce que tout le monde nous avait dit, le premier étage du marché (celui où l'on vend les ukuleles) est fermé le dimanche.

A huit heures et quart, Chantal téléphone à Thérèse. Elle arrive à 9 heures et nous conduit chez elle. Elle a deux grandes filles qui viennent avec nous faire le tour de Tahiti. Nous avons vu le trou du souffleur, où même par mer calme les vagues qui s'engouffrent sous la route génèrent un souffle puissant qui sort par un trou de l'autre coté, suffisant pour emporter les chapeaux et très surprenant.

Un peu plus loin, c'est la promenade aux cascades Haamarere, auxquelles on parvient en 45 minutes par un chemin assez bien entretenu (mais: "hare maru, hare papu": qui va lentement va surement), et dont les eaux fraîches sont un vrai plaisir.

A Taravao, nous déjeunons dans un bon petit restaurant, puis allons contempler les verts paturages, pleins de vaches, qui garnissent le plateau, avec un aspect mi-normand, mi-alpin.

On est de retour à Papeete à 19 heures, juste à temps pour récupérer une nièce de Thérèse qui vient de Moorea, et avec qui nous allons manger dans une roulotte du coté de Pirae

On se couche dans une vraie chambre après une bonne douche, chez Thérèse.

 

Lundi 29 - Adieu Tahiti

C'est le jour du retour en France.

Isabelle est partie à ses affaires, sa fille va conduire des enfants à l'école (c'est la rentrée) et nous emmène. Une rentrée scolaire dans une maternelle, c'est bien mignon, et pas très différent de ce qu'on peut voir en France. Il y a ceux qui jouent déjà et ceux qu'on console, et ceux qui restent blottis dans les bras, avec la maman qui roule des yeux pour exprimer son impuissance devant l'angoisse du petit.

Il y a aussi un grand arbre sous lequel il semble pleuvoir, alors que le ciel est bleu. Ce sont les "mouches pisseuses", qui sucent la sève et rejettent ainsi plein de gouttes.

Au marché, nous faisons plein d'emplettes, et Hubert finit par trouver, pour 15000 cfp, le ukulele de ses rêves, après en avoir essayé quelques dizaines, dans la rue près du marché. Chantal écume les magasins de tissu et prend de futurs paréos et nappes.

A midi nous retrouvons Thérèse et ses filles au port, attablées à une roulotte. Nous mangeons notre dernier poisson cru et Thérèse nous reconduit chez elle. Surprise, sur son canapé il y a un ukulele tout neuf. -"Tu m'avais dit que tu cherchais un ukulele, alors j'ai trouvé un copain qui en a rapporté un de Moorea. Pour 13000 cfp! Finalement, Hubert n'était pas mécontent de rapporter 2 ukuleles, et il rembourse Thérèse. Mais ce n'est pas fini. Voici qu'elle offre à Hubert une supebe chemise polynésienne, et à Chantal, 3 paréos et 3 perles noires, ainsi qu'un chapeau de paille, le tout avec un de ces sourires à donner du bonheur.

Thérèse a peur que nous rations l'avion et nous accompagne jusqu'au comptoir d'enregistrement, où nous sommes dès 16 heures, pratiquement les premiers. Rien n'est encore affiché, mais Thérèse connaît tout le monde. C'est là qu'il faut faire la queue, et c'est là qu'on se met, avec les sacs sur le caddy. Les autres passagers se mettent derrière nous au fur et à mesure qu'ils arrivent. Thérèse attend sur un banc, en nous regardant et en téléphonant avec son Vini.

On annonce que le vol prévu pour 21h40 est retardé à 23h, Thérèse est décidée à rester jusqu'au bout. Hubert fait la queue, Chantal écrit toutes les cartes postales qui restent à envoyer. Vers 19 heures, l'enregistrement commence, et nous pouvons disposer jusqu'à 22 heures. Encore un dernier poisson cru au restaurant avec Thérèse. Juste avant l'embarquement, elle disparaît et revient avec des colliers de coquillages dont elle nous couvre. Chantal pleure.

Adieu Tahiti. Mais dès qu'on pourra, on reviendra.

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