De Paris à Bora-Bora

 

Une semaine dans un gîte au bord de l'eau en Corrèze? ???

15 septembre 2001 - faux départs

Le départ était prévu à Orly le dimanche 16. Mais la fermeture des aéroports américains suite aux attentats du 11 a conduit Nouvelles Frontières à retarder ce vol de 24 heures, ce dont nous fumes prévenus le 14 par un court message téléphonique.

Nos billets de train étaient pour le 15, mais nous avions du monde à voir à Paris, et nous avons quitté notre Corrèze comme prévu, avec nos gros sacs à dos.

Le lundi 17, nous étions à Orly à 16h pour l'enregistrement, dans une queue dantesque. Un type demandait à voir billets et passeports. "Mais nous n'avons pas de passeport, on nous a toujours dit que la carte d'identité suffisait!" - "Vous ne pouvez pas partir: vous seriez refoulés à Los Angeles".

Au Guichet de NF, s'agrandissait la queue des passagers sans passeport: "Nous pouvons vous proposer, moyennant un supplément de 550 f par personne, un billet pour le 30 septembre, sans changer la date du retour." Refus de rembourser le billet, refus de reporter à une autre date, et "dépêchez vous de prendre une décision, car après la fin de l'enregistrement, vous serez considérés comme ayant raté le départ, et votre billet sera perdu."

Il y avait un vieux couple qui venait de La Réunion, une jeune fille qui pleurait, un jeune marié qui allait partir seul et attendre à Tahiti pendant 15 jours sa femme qui avait laissé chez elle son passeport, ...

Après avoir pris une minute pour lire les petites lignes du contrat de transport, nous avons décidé qu'il valait mieux perdre 15 jours que tout le voyage, et nous nous sommes fait inscrire pour le vol du 30, ainsi que sur la liste d'attente du vol du 23.

Le mardi 18, nous sortions de la préfecture de Corrèze avec des passeports neufs, et le 22 nous repartions pour Paris, en voiture cette fois, décidés à ne rentrer chez nous qu'en revenant de Tahiti. Nous laisserions la voiture à Orléans chez des amis, et si le vol du 23 ne nous emportait pas, nous irions camper en Bretagne en attendant le 30.

 

Dimanche 23 septembre - décollage

On nous avait conseillé, à NF, de nous pointer dès 16 heures à l'enregistrement. Mais là, au comptoir NF, autre son de cloche: "pour les passagers en liste d'attente, il faut revenir à 18h 45."

A l'autre bout de la queue grandissante, les hôtesses d'enregistrement s'installaient. Hubert parvient jusqu'à l'une d'elles : -"y-a-t-il des places libres?" - "oui, quelques-unes, mais je ne peux pas vous enregistrer tant que vous n'avez pas le billet délivré au comptoir." Hubert obtient de l'hôtesse qu'elle nous "bloque" deux places tranquilles à l'arrière de l'avion (66 H et K), puis retourne au comptoir NF et se fait jeter : "on vous a dit pas avant 18h 45."

De queue en queue, les 580 passagers et 19 membres de l'équipage décollent à 21 heures, avec seulement une heure et demi de retard.

Un peu plus de 10 heures plus tard, il est 22h 40 à Los Angeles, dont nous repartons après 4 heures de queues diverses: pour entrer, pour remettre le formulaire sur lequel on avait du marquer qu'on n'avait pas fait de prison, qu'on ne se droguait pas,... pour reprendre nos bagages, pour repasser la douane, les service de l'immigration, etc... Bien entendu, les queues étaient à la française, c'est à dire en troupeau, malgré les injonctions des policiers de nous mettre en "single line".

Encore 8 heures de vol et nous atterrissons à Faaa, pas très frais mais contents d'avoir fait "le plus difficile." Dernière queue pour récupérer les bagages, au son d'un orchestre tahitien et une fleur de Tiaré à l'oreille.

 

Lundi 24 septembre - Papeete

On s'était dit que fatigués pour fatigués, autant commencer à rattraper les 12 heures de décalage horaire en prenant le bateau pour aller au plus loin, et ensuite visiter les îles en se rapprochant de Tahiti. Au plus loin pour nous, c'était l'atoll de Tupai, au-delà de Bora-Bora. Une amie Polynésienne nous avait dit: "j'ai une terre de famille à Tupai. Vous pouvez y aller planter votre tente. Vous me raconterez comment c'est, je n'y suis pas allée depuis des années."

Avant de quitter l'aéroport, il faut faire provision de francs CFP. Nous savons que les distributeurs automatiques de billets sont rares et ne donnent pas plus que l'équivalent de 2000 f par semaine. Mais la banque ne fait pas mieux que ses distributeurs. Heureusement que nous avons une carte chacun.

Pour aller à Papeete, le plus local et le plus économique c'est le Truck (120 cfp = 6.6 ff). A l'office du tourisme, on demande l'adresse du service du Cadastre, pour pouvoir localiser le terrain de notre amie. C'est vers le Motu Uta, pas très loin du quai du Vaeanu, le cargo qui va à Bora-Bora.

Sac au dos, on fait 3 kilomètres à pied, un petit arrêt dans une quincaillerie pour acheter des recharges de camping-gaz (très poussiéreuses, ils ne doivent pas en vendre souvent!) et on arrive au Cadastre. Il fait déjà chaud. Une gentille dame nous donne la liste des parcelles de Tupai. Il y en a une seule au nom de l'ancêtre de notre amie. Mais la fonctionnaire ne veut pas nous montrer le plan cadastral: "Tupai, on ne peut pas y aller, c'est la propriété du gouvernement, il faut l'autorisation du GIP."

Le GIP a son siège au Motu Uta. Il faut demander "Réré", le Directeur. Encore 1 km à pied et nous voici au GIP. Un cerbère s'interpose. Réré est en vacances, mais comme nous insistons, un autre monsieur très courtois nous reçoit dans son grand bureau climatisé, nous fait asseoir dans de grands fauteuils, nous demande pourquoi nous voulons aller à Tupai, nous explique que l'atoll est désert, qu'il n'y a pas de passe pour y aller en bateau, que l'ancien aérodrome ne fonctionne plus, que c'est plein de marécages et de moustiques, et nous conseille de nous contenter d'un survol en hélicoptère. Comme nous insistons, il finit par déclarer que la partie Nord de l'atoll est interdite, mais que nous pouvons aller sans problème dans la partie Sud, à condition que nous trouvions un moyen de transport: peut-être un bateau de pécheur acceptera-t-il de nous poser sur la barrière de corail, et ensuite il faudra marcher dans les coraux coupants,...

Au Motu Uta, nous prenons les billets pour Bora sur le cargo Vaeanu (billets de pont:1800 cfp par personne, à condition de n'avoir qu'un bagage). Il part à 17 heures. Nous laissons nos sacs et retournons à Papeete. Il est 11 heures et le soleil est de plomb. Et le paysage ressemble plus à une de nos zones industrielles qu'à une plage avec cocotiers.

Au marché de Papeete, on se précipite sur le stand des cocos glacés: pour 200 cfp, une demoiselle sort d'un grand frigo une noix de coco fraîche qui baigne dans de l'eau glacée, découpe un petit trou dans la coque et y plonge deux pailles. Rien que de tenir le coco dans la main, ça vous rafraîchit. Et quand on a fini de boire l'eau de coco, on revient et la demoiselle fend le coco en deux pour qu'on puisse manger le blanc, tout doux tout frais.

On n'a pas envie de visiter. Seulement de trouver un coin frais et de s'asseoir. On déjeune dans une sorte de self plus ou moins chinois, pas terrible. Il parait qu'il y a des trucks pour le Motu Uta, le départ c'est près de la Mairie. On trouve la Mairie, superbe et coloniale, et quelques trucks à l'arrêt. Celui marqué Motu Uta est là. On demande au conducteur l'heure de départ. 3 h 1/2, ok, maruru. On se pointe à 3h 1/4, il n'est plus là. Renseignements pris, en fait il n'allait pas au Motu Uta. Celui qui y va doit être un peu plus loin. On attend un peu, puis on décide d'y aller à pied, pour ne pas rater le bateau. On a fait la moitié du trajet quand on se fait doubler par un truck, qui ne s'arrête pas.

 

24-25 septembre - le Vaeanu

En haut de la passerelle du Vaeanu, une forte polynésienne contrôle les billets avec un air renfrogné. Elle est née aux Australes et n'aime pas Tahiti. Mais si on lui demande de parler des Australes son visage s'éclaire. Elle est membre de la société coopérative ouvrière de production qui rassemble tout le personnel du navire. Le bateau a été récemment acquis (en allemagne de l'Est?), rebaptisé et repeint après des années de rouille qui ont laissé trous et traces un peu partout.

On monte avec les sacs sur le pont haut.

C'est une sorte de grande pièce, au sol en caillebotis, sur lequel les habitués ont déjà étalé une natte et sont couchés pour la nuit. Ils sont une trentaine, dans tous les sens. Une grosse dame fait marcher un gros transistor, des enfants jouent sur une natte. "ia orana." - "ia orana." On sort les mini matelas et on s'arrange un coin, têtes sur les sacs à dos.

Sur le quai, les palettiseurs du Vaeanu approchent les derniers sacs de ciment et tas de poutres puis sont à leur tour enlevés par les grues et rangés dans la cale, dont les couvercles se rabattent un par un dans un bruit métallique et caverneux. On part, il est 18 heures, il fait nuit.

En mer, on profite de l'air frais sur le pont inférieur, en regardant s'éloigner les lumières de Tahiti et se rapprocher l'île de Moorea, qui semble si proche. Pourtant il faudra 2 heures pour passer devant.

On retourne à notre pont-dortoir. Chouette, il y a même un WC et une douche! Le transistor débite des chansons tahitiennes. Un grand type dévisse les ampoules électriques au plafond, on peut dormir.

2 Heures du matin, escale à Huahine. A peine entré dans la passe, le bateau s'anime, les projecteurs s'allument, les cales s'ouvrent avec le même bruit sourd, les mâts des grues se lèvent. A l'approche de la terre, un projecteur balaie quelques maisons près du port, comme pour dire à un copain: "on arrive, réveille toi."

On se lève pour voir. La passerelle est descendue, les palettiseurs sont débarqués et commencent leur ronde, avec des "bip-bip" à chaque manoeuvre. Pendant une demi-heure, ils vont ranger ce qui est débarqué, puis rapprocher ce qu'il faut embarquer, pendant que les grutiers font monter et descendre des charges impressionnantes, en communiquant par gestes avec les hommes au sol. Ce manège fascinant, sonore mais muet, et qui semble réglé avec une grande précision et efficacité, n'empêche pas Chantal de repérer au coin du quai, une plage de sable blanc, et d'aller y tremper délicieusement ses pieds. Dans l'eau claire du port, plein de poissons.

Un peu plus loin sur le quai, il y a des roulottes: les passagers qui descendent ou qui repartent viennent y manger des brochettes ou du poisson, au beau milieu de la nuit. Mais le Vaeanu rembarque ses palettiseurs, ça veut dire qu'il faut remonter à bord. On se rendort comme des bébés, bercés par une douce houle.

4 h 30, escale à Raiatea.

Le même manège se reproduit, mais il y a beaucoup plus de trafic ici qu'à Huahine. Environ 50 passagers descendent, surgissant d'un peu partout. A 6 heures, on va chercher du pain en ville, en surveillant de loin le trafic. A 7 heures, le bateau repart, et traverse le grand lagon entre Raiatea et Tahaa pour rejoindre Bora-Bora. C'est la première fois qu'on voit ces couleurs du lagon, il fait un temps splendide et l'air est frais juste comme il faut, mais nous n'avons même pas le réflexe de prendre des photos.

 

Mardi 25 septembre - Bora-Bora

9h30, Arrivée à Bora.

Le bateau a fait la moitié du tour de l'île avant de rentrer par la seule passe, nous laissant admirer le lagon, le relief de l'île, les motu et les sites remplis de farés sur pilotis qui caractérisent les hôtels de luxe.

On se retrouve sur le port ferry avec nos sacs à dos. Quelques voitures viennent chercher quelques passagers, puis le quai se vide. A deux pas, une station-service, fermée. -"où se trouve la ville, Vaitapé?" - "sur la droite, mais c'est loin!"

La route est superbe, pleine de fleurs, et il fait déjà chaud. Un panneau annonce: "location de vélos". Le loueur voudrait bien nous aider, mais les vélos n'ont pas de porte-bagages, seulement un petit panier sur la roue avant. C'est bien trop petit pour nos gros sacs. Et dans l'île on ne trouvera rien d'autre. On repart à pied, mais bientôt nous sommes interpellés par une jolie jeune femme souriant dans une Landrover: -"où allez vous?" -" en ville." -" c'est loin, montez à l'arrière."

Elle vient du port où elle est allée chercher des touristes. Elle tient une pension, du coté de Matira, et passe devant l'office de tourisme.

L'Office est situé au milieu de Vaitapé, au milieu du port de tourisme. La demoiselle discute avec une copine, mais consent à s'interrompre. Pour camper, il faut aller à "Village Pauline". Il y a un truck qui y va. Pour 350 CFP par personne, prix unique.

Au Village Pauline, une jeune fille nous accueille et désigne un morceau de pré entre les bungalows et le fare d'accueil. Avec des contorsions, on arrivera à planter la tente à moitié à l'ombre du seul arbre du pré. Nous sommes exténués et dégoulinant de sueur. Où peut-on se baigner? De l'autre coté de la route, il y a le lagon, mais pas de sable. Il vaut mieux aller un peu plus loin, où se trouve la plus belle plage de l'île, Matira. On repart à pied et au bout d'un kilomètre, on arrive devant l'hôtel Bora-Bora, le plus luxueux, le plus privé,... Pas le courage d'aller plus loin, on fait demi-tour et on se trempe dans l'eau quelconque. Pas le courage de manger à midi, le restaurant n'ouvre que le soir, il faudrait marcher. Au camping, on demande de l'eau fraîche, il n'y en a pas, il nous est proposé d'aller au distributeur de coca-cola. On y va, plusieurs fois, glouglouglouglou... On fait la sieste au camping, dont les pensionnaires sont tous partis. Il ne reste que deux membres du personnel, qui discutent entre eux, se plaignant de la baisse de fréquentation touristique depuis les événements de New-York et la faillite des paquebots "renaissance". "On n'a plus que des mauvais clients, il n'y a plus d'américains,..."

Le soir arrive vite, et nous allons au restaurant "chez Sacha", contigu au camping.

Hubert apprécie la bière Hinano de Tahiti en attendant l'heure du repas, où les pensionnaires s'asseyent autour de la grande table. On fait connaissance en buvant un ti punch, et on échange des impressions avec Fred et Jeanine, qui sont en Polynésie avec leur fille depuis quinze jours et n'ont eu que du mauvais temps. Le repas de poisson est bon, mais la note est salée: 5050 cfp; en fait, il y avait une erreur dans l'addition et Sacha nous rembourse 500 cfp.

 

Mercredi 26 septembre - Bora

Si on fait abstraction du bruit des chiens, des coqs et des voitures, nous avons bien dormi. La camionnette épicerie passe à 7 heures, on achète du pain et du chocolat pour le petit déjeuner, qu'on va prendre dans le fare commun, équipé d'un réchaud à gaz et de vaisselle. Nous croisons Fred qui fait une sale tête: hier soir pendant qu'ils étaient au restaurant, quelqu'un est entré dans leur fare sans réveiller la petite, et a emporté tout leur argent.

Nous retournons à notre tente, que le petit chien de Sacha semble apprécier, puisqu'il a dévoré un tendeur et en attaque un deuxième. "Tapez le!" dit Sacha.

Le monsieur qui tient l'accueil ce matin fait la réclame de tous les produits touristiques qu'il offre: excursions en 4*4, pirogue, locations de bateaux, etc... Justement aujourd'hui il y a une excursion super, et il n'y a que 4 clients... Nous préférons louer des vélos pour faire les 32 km du tour de l'île. Le guide de Lonely Planet précise que Village Pauline prête des vélos. On s'en tirera pour 2000 cfp par personne pour la journée. Le temps d'écouter les recommandations (comment mettre l'antivol) , de tester les freins (par rétropédalage, il faut s'habituer) et de mettre dans les petits paniers la gourde et le mini-sac, et nous partons, à 9h30.

Arrêt à Vaitape, pour faire des courses au supermarché, acheter des tongs pour aller sur les plages coralliennes, et téléphoner à Corinne, une amie d'une amie, qui vient de s'installer à Vaitape. Elle viendra nous chercher ce soir au camping et on ira ensemble au restaurant.

Nous roulons paisiblement sur une route bien nette et plate, souvent bordée de fleurs, et les maisons ont des jardins proprets, pleins de fleurs. En chemin on regarde une exploitation de coprah, et aussi un atelier de fabrication de toits en feuilles de Pandanus, mais pas moyen d'obtenir une réponse des ouvrières penchées sur leur travail.

La route ne comporte qu'une seule côte, près de la pointe Haamaire. Avec nos vélos monovitesse, il faut mettre pied à terre pour la montée. Un type qui débroussaille le bas-coté nous conseille même de ne pas monter sur le vélo pour la descente. Hubert intrépide tente quand même la descente au frein rétro et arrive en bas sans encombre. Une touriste américaine a eu moins de chance et s'est étalée sur l'accotement. Elle a le genou qui saigne et Chantal sort sa trousse d'urgence.

Du coté d'Anau, nous nous arrêtons à une échoppe qui vend des plats préparés. On achète du Shaomen, du riz et une bouteille d'eau fraîche, bientôt suivie d'une autre. Il y a des tables.

Pendant que nous mangeons à l'ombre en contemplant le lagon, nous admirons la dextérité et l'imprudence des jeunes mères de famille qui viennent chercher un plat en scooter, avec leur bébé debout devant et son aîné derrière, le premier s'accrochant au guidon et le deuxième à la maman.

Sur la plage en face, il y a de l'ombre. Une petite sieste, la lecture du journal qui se lamente de la faillite du Renaissance, et une bonne baignade, nous voici en pleine forme pour continuer notre tour de vélo, malgré quelques petites douleurs causées par la selle.

La plage de Matira est vraiment très belle. On va se baigner près du "Diving center", ce coup-ci avec masque et palmes. Il y a quelques coraux, plein de jolis poissons et même une raie qui passe par là, mais l'eau n'est pas aussi limpide qu'on désirerait.

Arrivés au camping, nous retournons à Vaitape pour réserver une table au Blue Lagoon, qui d'après le guide fait du bon poisson cru à la tahitienne. Faux, répond la patronne des lieux, moi je fais du poisson à la chinoise. Puisque c'est comme ça, on ira au Cocotier.

A 18 h, on rend les vélos, et Corinne arrive. Au Cocotier, le poisson cru est excellent, et nous faisons avec Corinne le bilan de notre première journée dans les îles sous le vent. Nous n'avons pas trouvé beaucoup d'interlocuteurs avec qui discuter, encore moins de pécheur pour nous emmener à Tupai. Et les quelques personnes à qui nous avons parlé ont rigolé de notre idée d'aller dans les "terres réservées de Gaston Flosse". D'après eux, aucun pécheur n'osera s'approcher de Tupai, de peur d'être intercepté par les gens du GIP, surnommé "Gaston Intervient Partout". Il y a quelques jours, une manifestation d'un millier de propriétaires de parcelles à Tupai aurait été dispersée sans qu'aucun puisse atteindre l'atoll. Certains disent même que Gaston a fait aménager au frais du Territoire une résidence de luxe pour ses invités, d'autres que Tupai est à vendre pour créer un complexe hôtelier,...NDLR

Dans notre camping, il y a une deuxième tente presque collée à la notre, et dans l'île nous n'avons pas repéré un seul coin "campable". Et l'abondance d'hôtels et de "produits touristiques" ne nous incite pas à nous attarder dans l'île la plus chère des îles sous le vent . Après discussion, nous décidons de partir le lendemain pour Maupiti. Et Corinne propose gentiment de nous héberger quelques jours chez elle à notre retour.

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NDLR Note de la rédaction:

Le Service de la Communication de la Présidence du Territoire nous a fait parvenir une note donnant son point de vue sur la question:

Je tiens à vous dire, ..., qu'aucune manifestation regroupant un millier de personnes n'a été dispersée. A cette époque, le Gouvernement tenait un séminaire sur l'atoll, et trois ou quatre individus s'y sont rendus. S'il est exact qu'un litige concernant la propriété foncière de l'atoll - racheté il y a quelques années, en quasi totalité par le territoire - reste pendant devant les juridictions administratives (une telle position n'est pas rare en Polynésie, marquée par le phénomène de l'indivision des terres )Tupai fait partie de la propriété privée du Territoire. Il n'est donc pas question de "terres réservées de Gaston Flosse". De nombreux projets s'y préparent. Il n'est non plus pas question de vendre l'atoll, mais de penser à la meilleure manière de le développer. Il n'est pas question de transformer Tupai en "résidence de luxe" pour les invités du président. Par contre, il est exact que le président ait invité plusieurs personnaltiés à séjourner à Tupai, qui est un lieu d'une beauté extraordinaire à même d'effectuer une promotion de notre territoire. Chaque chef de gouvernement a d'ailleurs, souvent le même réflexe. Enfin, il est exact que l'atoll est surveillé et entretenu par quelques membres du GIP, que certains s'amusent effectivement à appeler "Gaston Intervient Partout" Des GIP qui, en cas de catastrophe naturelle, sont prêts à risquer leur vie pour n'importe quel Polynésien dans des conditions souvent extrèmes. Une mission du GIP part d'ailleurs dans quelques jours à TONGA, afin d'y reconstruire des écoles dévastée par le passage, le 31 décembre dernier, du cyclone "Waka."

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